Au moment où le nombre de chômeurs augmente chaque jour en France, où des centaines de milliers de jeunes diplômés ou non vont entrer sur le marché du travail, le gouvernement, se croyant fort du résultat d'élections quelque peu hypothétiques (60 % d'abstentions), se permet de continuer sa politique ultralibérale en ciblant toujours et d'abord la masse des salariés.
C'est ainsi que surgit depuis quelques jours la question de savoir comment, à partir de 2010, le gouvernement va-t-il traiter le problème de l'âge de la retraite malgré les promesses faites en 2008 où il s'était engagé à ne pas y toucher, estimant que c'était un débat de "présidentielle" ou de "législatives", laissant croire à la valeur partagée et symbolique de l'âge légal de 60 ans pour cesser son activité professionnelle.
Comme l'habitude en est désormais prise, le leurre est lancé.
L'homme choisi pour préparer l'opinion est le ministre du Travail qui, mine de rien, révèle à propos du relèvement de l'âge de la retraite : '' il y a trois solutions : diminuer les pensions... augmenter la durée de cotisation... augmenter l'âge de départ à la retraite, comme l'ont fait les Allemands sur une trentaine d'années, jusqu'à 67 ans ''. Et il ajoute : ''les partenaires sociaux ont aussi leur rôle à jouer'' et : ''ces pistes n'engagent en rien le gouvernement''.
Même si dès le lendemain, le chef du gouvernement estime que repousser l'âge légal de la retraite '' n'est pas une question taboue''. Il est vrai que c'est la revendication du patronat depuis plusieurs années !
Pour FORCE OUVRIERE, cette annonce est d'une indécence sans pareille, notamment à l'égard de ceux et de celles des salarié(e)s de plus de cinquante ans virés hors de leur entreprise. Ils servent de variable d'ajustement des effectifs, et en plus, après quelques mois de galère, on leur propose un emploi dit «senior» pour leur savoir-faire un peu tardivement reconnu, et ce, sans grand succès puisque le taux d'emploi des «seniors» stagne à 38 %.
Aussi inénarrable qu'il en soit, pendant que ses valets manipulent l'opinion sur l'âge de la retraite, le président de la République s'exprimait ainsi lors du sommet de l'Organisation Internationale du Travail (OIT) à Genève :
« Ou nous aurons la justice ou nous aurons la violence. Il faut tout revoir. Changeons de modèle de croissance. »
...Chiche !!!